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Saddek BENKADA

Maitre de recherche au CRASC- –Oran

Ancien Maire d’Oran

 

 

 

 

Cimetière et mémoires à Oran

(1792-2012)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Janvier2015

 

 

Cimetière et mémoire àOran (1792-2012)

Cette page de l’histoire des cimetières d’Oran est une version abrégée d’une communication intitulée «  plus de deux siècles d’histoire cimeteriale .cimetières et mémoires à Oran (1792-2012) » présentée à la journée d’étude sur le thème de « les rites et les édificesfunéraires en Algérie : approches archéologique et anthropologique », organisée le 6 avril 2014, par l’U.C.C.L.A

Saddek  BENKADA

Maitre de recherche au CRASC-ORAN

Ancien Maitre d’Oran

1. Cimetière musulmans

Cimetière sidi Gharib : avant 1792( ?)

D’une surface de 62 ares et 94 centiares, le cimetière de sidi El Gharib est le plus ancien cimetière musulman qui soit situé sur la rive gauche de l’oued Raz-el Ain ,au bas de l’ancien Ribat d’Yfri ,1 devenu durant les deux occupations espagnoles, les douars des Mogatazes.2 ‘ ‘ Le cimetière d’Yfre’’ signalé sur les cartes espagnoles, aurait probablement servi aux inhumations des mogatazes ;c’est pour cette raison ,a notre avis ,que le Bey Mohamed El kébir ,en occupant Oran en 1792,créa le cimetière de Sidi El Bachir et abandonna celui de Sidi  El Gharib.

Cimetière dit de ‘ ‘Sidi el Houari ’’

Gaston Pellecat a été le seul à signaler l’existence de ce cimetière qui, d’après les informations fournies par son collègue du conseil municipal, Benaouda Hadj –Hacène Bachtarzi, se trouverait au pied de la mosquée du campement .3

Cimetière des Tolbas (Es-Senia) :(1788)

Ce cimetière fait l’objet d’un grand respect de la part de la population et constitue jusqu’à maintenant partie du cimetière de Sidi Boumediene à la Sénia.

     Il a servi probablement de cimetière aux premiers Tolbas Moudjahidines qui sont morts lors des sièges d’Oran contre les Espagnols, sous le Bey Bouchelaghem et le Bey Mohamed El kébir.

 

1Les cartes espagnoles du XVII le siècledésignent l’emplacement sous le nom de ‘ ‘Ifre

arruinado’’ .Devenu durant l’époque coloniale, faubourg Eugène Etienne ; en 1988, il sera

Rebaptisé de nouveau quartier Ribat Yfri.

2 Mogatazes appelés également Moros de Paz et Moros d’Yfre, étaient des troupes

Auxiliaires autochtones au service des Espagnols

3 Archives du commandant Gaston Pellecat, Dossier Cimetière arabe (1856),                       

   Société de Géographie et Archéologie d’Oran.

  En 1867-1869, lorsque les autorités coloniales ont désaffecté le cimetière musulman  de Sidi El Bachir, les oranais privés de cimetière amenaient de nuit leurs morts et parfois même les agonisants pour les  y ensevelir.

En mars 2008, sous mon initiative, j’étais alors PDT  APC d’Oran, l’A P C d’Es-sénia avait débroussaillé et mit à jour les anciennes tombes des Tolba–Moudjahidine du siège de 1788-1792, situées en face du cimetière de Sidi Boumédiéne .Le Ministre des Affaires religieuses avait procédé a son inauguration.

Cimetière Sidi el Bachir : 1792-1868

Le cimetière occupe le sommet d’une petite élévation de terrain, sur laquelle fut élevée en 1792, le mausolée de Sidi el Bachir Ben Yahia, un saint de la région de Mascara fort honoré par le bey Mohamed el Kébir.

      En 1856, le génie militaire, pour construire le nouveau mur d’enceinte de la ville, demandeà la commune de procéder à la translation du cimetière de Sidi El Bachir qui avait alors une superficie de 10 h, 29 ares, 16c.Compte tenu de la différenciation ethnique précoloniale et des particularismes religieux, deux autres cimetières étaient attenants à celui de Sidi –el-Bachir ; l’un réservé à la population noire et l’autre appartenant à la communauté mozabite.

 

     Une fois l’entente trouvée, en 1868, entre les notables musulmans et la commune pour remplacer le cimetière de Sidi El Bachir par celui de Moul -ed-Douma, ce dernier commence à accueillir les inhumations. Les nombreuses goubbas qui étaient élevées dans l’ancien cimetière  de Sidi El Bachir ont été reconstruites au cimetière Moul -ed-Douma, sauf celle de Sidi El Bachir Ben Yahia qui demeure jusqu’à nos jours à son emplacement initial au quartier Sidi El Bachir (ex. Plateau Saint Michel).4

Cimetière de la famille beylicale (mosquée de Karguentah) :1792-1845.

Il s’agit d’un petit cimetière créé en même temps que la Mederça- mosquée de Kheng En –Netah, par le bey Mohamed el Kébir pour recevoir les sépultures des membres de la famille beylicale, ou, lui-même et son frère le bey Mohamed Reguig, dit « El bey el masloukh »y furent

 

 

 

4BENKADA Saddek, « un exemple de protestation urbaine au XIXesiècle .L’affaire du cimetière musulman d’Oran (1867-1869) », Oran, Cahier Maghrébins d’Histoire, n°1, 1987, pp. 71-91.

 

 

Enterrées .5 Contrairement à Mascara ou le bey Mohamed el Kébir avait créé« Maqbarat elmachahir », une sorte de modeste « Panthéon »

Réservé  aux personnages illustres de la ville .6 Rien n’autorise cependant à penser qu’il y ait eu d’autres cimetières privés àOrandurant cette époque qui auraient relevés de la propriété des familles patriciennes de la ville, comme ce fut le cas à Alger .7

 

Première Cimetière ibadite : 1792-1856

Le premier cimetière ibadite était situé dans les ilots actuellement compris entre : Bd. Des Frère Niati  (ex.Dutertre), Bd. Commandant Adda Benaouda  dit si Zaghloul (ex. Hippolyte Giraud),rue Ghoual Mohamed (ex.Podesta),rue Sekkal Chaib (ex.Crouy) et rue des frères Aroumia (ex .Ferdinand Servies).ce qui fait que a rue de Gare fut ouverte au lieu de ce cimetiere.8

     Son sort suivra celui du cimetière Sidi El Bachir dont il était avoisinant, après leur désaffectation, leur assiette foncière servira  à la création du plateau Saint –Michel, notamment les quartiers de l’hôpital civil et de la Gare.

Deuxième Cimetière ibadite : 1856-2005

Contenance en 1856 :1h. 11a. 55c.

      Il est mitoyen de l’ancien cimetière chrétien dit des « Cholériques »,

Aujourd’hui transformé en pépinière municipale.

      Gaston Pellecat, fait remarquer que le cimetière mozabite, porte au-dessus de la porte d’entrée l’année 1856, date à laquelle, le terrain de 1h.

 

5 La méderça   et le cimetière furent englobés au début de la colonisation dans le quartier de la Cavalerie .A la fin du XIXe siècle, lorsque les terrains militaires furent transférés à l’administration des Domaines avant qu’ils soient définitivement cédés à la commune, les dépouilles du Bey Mohamed el Kébir et de son frère le Bey Mohamed  Mohamed Reguig, furent exhumés de l’intérieur de la mosquée ou leurs tombes se trouvaient et furent transférées dans un autre cimetière musulman.

Cf. MARIAL W., « La mosquée de Sidi Mohamed el Kebir à Oran », BSGAO, 1893,

pp.168-201

Il est fort possible que les deux frères soient ré inhumés dans un enclos spécial au lieu –dit ‘’Ardh El Athmania’’, ancienne propriété beylicale de la famille Ben Othmane,

Situé sur l’actuel territoire de la commune de Bréa, daïra de Tlelat.

6L’orientaliste REINAUD, signale en 1833, une pierre tombale trouvée sur le lieu du cimetière attenant à la mosquée de « Garganta » ; portant une inscription funéraire concernant le bey Mohamed –el Kébir, en indiquant que cette pierre, « se trouve maintenant dans le cabinet de M. Félix Lajard .membre de l’institut à qui elle a été envoyée. »REINAUD, « Une inscription funéraire arabe », Journal Asiatique ; 1833, t.9pp.189-190.

7AUMERAT, « La propriété  urbaine à Alger », Revue Africaine, 1898, pp.168-201.

8 plan d’aménagement du quartier Saint –Michel, 1880, arch. Communales d’Oran).

11a. 55c. Fut acquis par la communauté ibadite d’Oran par acte notarié devant Me Sauzéde.9

Troisième Cimetière ibadite : 2005

Propriété pleine et entière de la communauté ibadite de la ville, le troisième cimetière ibadite ouvert en 2005, mitoyen du cimetière d’Ain Beida, s’étend sur deux hectares,

Cimetière des noirs (makabreut el Abid) :1792-1868

Le cimetière faisait pratiquement partie du cimetière de Sidi el Bachir.

Mais les archives municipales mentionnaient bien « Mekabreut el Abid »

Aussi ,il y’a tout lieu de penser qu’une partie du cimetière Sidi el Bachir  était réservée aux inhumations propres à la communauté noire .10 II reste cependant à savoir s’il s’agissait de la communauté des noirs affranchis ou celle des noirs en état de servitude qui étaient assez nombreux dans la société oranaise .Makbarat el Abid occupait l’emplacement compris entre le bd. Zabana (ex.bd Paul Doumer),la rue Boussaid Belkacem(ex rue des Pompiers),le bd.Didouche Mourad (ex.bd.Fulton)et rue Chemlaoui Lahouari Sid Ahmed (ex .rue de stora).11

Cimetière Moul -Ed-Douma : 1868-1934

Dés1856 les autorités militaires avaient signifié à la commune, qui venait tout juste de se voir transférer de nombreux terrains par les

 

9Etant à l’époque Président de l’APC d’Oran, je remercie M. Hadj Mohamed Fartas représentant en 2008 la communauté ibadite d’Oran, d’avoir eu l’amabilité de me remettre une photocopie de cet acte d’acquisition établi en 1856 devant Me Sauzéde, notaire à Oran

10 le lundi 20 mars 1990, en procédant aux terrassements, des ouvriers travaillant sur le chantier de construction de l’agence de la banque nationale d’Algérie, au niveau du n° 5 du bd Zabana (coté plateau Saint –Michel) ;tombèrent des tombes contenant des ossements humains .D’après notre visite sur place ,nous estimons que ces tombes étaient situées dans la partie du cimetière réservée à la communauté noire, très nettement indiquée sur le plan de ‘’Distribution des eaux ‘’levé le 2 avril 1869.

Un photographe du musée Zabana, dépêché sur les lieux à procédée a des relevés photographique de ces tombes

11 « Plan de distribution des eaux de la source de noiseaux dans le haut quartier de Karguentah, traversée du cimetière négre, 10février 1868 .Archives de la Mairie d’Oran « Dossier Eaux de Noiseux » et plan parcellaire du Cadastre d’Oran ,1867

 

 

 

 

Domaines, parmi lesquels ceux servant de cimetièresmusulmans, deprocéderà la fermeture des cimetières musulman et israélite.

Conséquence de cette injonction, seul le cimetière mozabite fut translaté au ravin de Raz-el Ain .restait toutefois en suspens, le cas du cimetière de Sidi –el Bachir .en 1866, la commune fut prise de cours en apprenant que le Génie avait, par la construction du nouveau mur d’enceinte inclut le cimetière musulman dans la zone intra-muros .Tandis que le cimetière Israelite, fut de justesse, épargné par cette mesure.

Un groupe de notables des tribus makhzen, Si Ahmed OuldCadi,                            Mohammed Bendaoud, Smail Ould Mazari et Smail Ould Cadi

Profondément touché par le fait que leurs coreligionnaires préféraient faire transporter leur morts à dos de mulet a des dizaines de kilomètres d’Oran ,plutôt que de les inhumer dans un terrain avoisinant du cimetière chrétien qui leur a été imposé par le maire ;Ils proposèrent a la commune d’Oran de lui céder gratuitement un terrain de deux hectares leur appartenant en commun ,situé à Raz-el Ain ,pour être effectué comme nouveau cimetière musulman .Sa contenance était de 11 hectares ,65 centiares et 36 ares .

         Charles Brosselard, préfet d’Oran ,12 sur la base du compromis trouvé entre les notables et la commune, décida à la satisfaction générale, de prendre un arrêté daté du 17 avril 1869 dans lequel il annule la translation du cimetière musulman à proximité du cimetière chrétien et donne autorisation pour l’établissement du nouveau cimetière qui prit aussitôt le nom de Moul-ed-Douma, du nom de la goubba de Sidi Abdelkader Mouled-Douma qui s’y trouvait .13

          Le cimetière de Moul-ed-Douma fut désaffecté en 1934, et remplacé par le cimetière Larrajedieu (El Melh).

Cimetière Sidi el Filali (dit cimetière des familles turques) :1868

Cimetière privé appartenant aux familles oranaises d’origine turco-Koulouglie.Il est englobé dans le quartier dYfri (ancien Faubourg Eugène Etienne).Les français lui ont souvent donné le nom de ‘’cimetière des Turc’ ’Cecimetière date probablement d’avant la désaffectation du cimetière de Sidi El Bachir en 1868, comme le laisse

 

12 L’ironie de l’histoire a voulu que le préfet d’Oran soit à cette époque le distingué épigraphiste et arabisant Charles Brosselard qui était auparavant sous-préfet àTlemcen, ou il passait ses loisirs à relever dans les cimetières musulmans et dans les édifices religieux les inscriptions qui lui ont servi à publier ses fameuses « Inscriptions arabes de Tlemcen », RevueAfricaine, 1859, 1860, et 1862.

13 BENKADA Saddek, « Un exemple de protestation urbaine : L’affaire du cimetière musulman d’Oran (1867-1868 », Cahier Maghrébins d’Histoire, Universitéd’Oran .N°1,

1987, pp.71-91.

 

 

 

Penser, les nombreuses autorisations faites par les familles oranaises au Maire d’Oran en 1868, pour y  enterrer leurs parents après la fermeture du cimetière musulman de Sidi El Bachir.

      En 1926, la municipalité du Dr Molle, décide d’interdire les inhumations à l’intérieur du cimetière de Sidi Filali .Ce dernier, propriété privée des familles oranaises d’origine algéro-turque, parmi lesquelles la plus influente politiquement, celle des Hadj –Hacéne Bachterzi .or, il se trouve que l’un d’eux,

Benaouda Hadj-Hacéne Bachterzi se trouvait être conseiller municipal, notamment délégué aux Affaires indigènes. Il fallait attendre, l’arrivée du nouveau maire, René Menudier, pour que cette décision de fermeture du cimetièreturc ne soit définitivement annulée.

Cimetière Larrajedieu (El Melh) :1929-1956

         Sur le plan d’Oran (2006),ce cimetière est indiqué erronément sous le nom de ‘’Cimetière El Manssia’’ 14 ;alors qu’il fut toujours connu sous le nom de Makbarat el Melh.Ceci ,en raison des terrains marécageux et salés de la ferme Saint –Antoine ,destinée à la culture de la luzerne

          L’origine de la création de ce cimetière remonte au mois de septembre 1926 lorsque, le maire d’Oran, le Dr Molle prit un arrêté municipal par lequel il interdisait  la population musulmane de procéder aux inhumations dans l’ancien « cimetière turc des Planteur ».

          Par acte daté du 1erjuillet 1929,  la commune  acquit de Vve

Larrajedieu une propriété située dans la zone industrielle de Saint –Hubert au bord de l’ancien chemin dit du Figuier, au lieu –dit ‘’ElMelh’’ destinée à la création d’un nouveau cimetière musulman .Malgré la demande insistance des élus musulmans à ouvrir le nouveau cimetièreà partir de janvier 1931 ; la réponse tarda à venir et, les terrains acquis servirent d’aire de pacage aux troupeaux pendant plusieurs mois.

          Le délégué municipal aux Affaires indigènes, Benaouda Hadj-HacéneBachterzi,consulté par René Menudier ,à propos d’une éventuelle ouverture du nouveau cimetière de Larrajedieu,en septembre 1931,il lui donne son accord de principe ,tout en réussissant habilement à faire revenir ,le nouveau maire sur la décision de fermeture des anciens

 

14 Plan d’Oran au 1/7.500é coupure Nord-Est, INCT, Alger ,4é trimestre 2006.Le mot

 ‘’El Manssia’’ (dont on a perdu le souvenir) est pris pour le mot ‘’ Manssia’’ qui veut dire en arabe dialectal (désaffecté).Ceci prouve à quel point, il faudraêtre prudent avec la toponymie des cartes et plans récents.

 

 

 

Cimetière de Raz –el –Ain, notamment de sa propre famille, celui de Sidi El Filali .

        L’hiver de 1933 -1934, particulièrementrigoureux, fut marqué par d’importantes chutes de neige, faitexceptionnel, et d’importantes chutes de pluies qui provoquèrent en Oranie de très graves inondations. Les pluies diluviennes qui s’étaient abattues en ce début de février 1934 àOran, avaientoccasionnée de sérieux dégâts aux tombes au nouveau cimetière musulman de Larrajedieu.Un spectacle insoutenable frappa d’horreur et d’indignation la population musulmane en voyant des tombes effondrées laissant apparaitre des corps ensevelis la veille ; d’autres corps encore enveloppés dans leurs linceuls, à peine décomposés effleuraient le sol. Cette bouillie macabre aux odeurs méphitiques, de boue et de chair « en charognée », lui renvoya l’image apocalyptique de la description coranique du « Jour de la Résurrection ».C’est donc sur fond d’agitation politique ,de trouble sociaux et de crise municipale qu’éclata en février 1934,l’affaire du cimetière musulman de Larrajedieu qui a donné lieu en 1934 a la première grande manifestation de rue de la population musulmane.15

        Le dernier chahid de la Révolution à être inhumé dans le cimetière El-Melh, fut Benchechou,  un enfant du quartier El –Hamri (La mur).

Cimetière pour enfants de Sidi Senoussi

Selon le témoignage de plusieurs vieux oranais, la goubba de Sidi Senoussi  était entourée d’un petit cimetière ; ou, dans les années 1920, lorsqu’oncommença la construction des premières maisons du faubourg Cuvellier, il n’était pas rare que les terrassiers tombassent sur des squelettes d’enfants.

Cimetière musulman d’Ain –el Beida1959

         C’est par arrêtépréfectoral du 8 novembre 1946 que, lepréfetaccède a la demande formulée le 6 aout 1946 par le maire d’Oran lui demandant d’occuper temporairement les parcelles de terrains de culture sis au lieu-dit le ‘’Ravin rouge’ ’sur le territoire de la commune de la Sénia, appartenant aux consorts Juan et Giraud, afin d’effectuer des sondages pour le nouveau cimetière musulman d’Oran.

 

 

15 BENKADA Saddek , »Elites émergentes et mobilisation de masse :l’affaire du cimetière musulman d’Oran (février-mai 1934) »,in, Didier le SAOUT et Marguerite ROLLIDE (dir.)Emeutes et mouvements sociaux au Maghreb ,paris ,Institut Maghreb Europe, Karthala,

999, pp.79-89.

 

 

 

 

 Par délibération du 3 aout 1948, le conseil municipal décide l’expropriation d’utilité publique avec prise de possession urgente d’un terrain de 34 hec.44 a.et 56 ca. Situé sur le chemin de Grande communication n°73 (Route d’Oran a Misserguin par Ain –el –Beida), sur le territoire de la commune de la sénia ; appartenant aux sœurs Manceron, Vve Juan et Vve Giraud.16

              Houari Souiah rappelle que parmi les nombreuses réalisations en faveur de la population algérienne qui ont été arrachées par les élus M.T.L.D.au sein de la municipalité socialo-communiste présidée par le maire Nicolas Zannetacci (1947-1948) figure la création du nouveau cimetière musulman de Ain –el Beida.17

Les premières inhumations au cimetière d’Ain –El-Beida, ont commencé à la fin de 1956.Depuis sa création, il a déjà connu deux extensions, en 1986 et en 2008.Avec ses 140 hectares, il est actuellement le plus grand cimetière de la ville d’Oran.

               En aout 2009, il a été agrémenté par la transplantation de plus de 500 arbres, essentiellement des ficus qui ont été récupérés sur les voies urbaines touchées par le tracé des lignes du tramway.

Cimetière Sidi el Hasni

Il est appelé cimetière des Douaidia ou de nombreux membres de la famille du colonel Mohamed Bendaoud (1837-1912) y sont enterrés ; il est connu également sous le nom de cimetière des Ouazzania, des gens d’Ouazzane (Maroc).

          La zaouia et le cimetière de Sidi EL Hosni 18 sont situés sur n terrain qui fut acheté en 1904 par Sidi Ahmed Ben el Hosni (1862-1932), à un couple d’européens.

         Auparavant la zaouia Taibia, à laquelle appartient  Sidi Ahmed Ben el Hosni, était située au 6 rue Wagram, ou elle avait élu domicile vers 1868, dans une maison voisine de celle de la famille Bendaoud .D’ailleurs, la nouvelle zaouia et le cimetière sont mitoyens de la maison de campagne du colonel Bendaoud, ce dernier et les membres de sa famille sont inhumés dans ce cimetière.

 

16 Archives  communales d’Oran, Dossier Cimetière d’Ain–el Beida.

17 SOUIAH Houari « Action politique et municipale des militants MTLDau sein de la ville d’Oran, Colloque internationale sur l’Histoire de la ville d’Oran, organisé par la Société de Géographie et d’Archéologie d’Oran, a l’occasion du 30 é anniversaire de la révolution, Oran, CRIDSSH ,27-30 octobre 1984. (Inédit)

18 Sidi El Hosni Ben Brahim (1830-1903), chérifd’Ouezzan, fut le fondateur àOran de la branche algérienne de la confrérie des Taibia.

 

 

Cimetière d’urgence des chouhada du douar Zeitoun : avril 1962

C’est probablement en raison des enlèvements d’Européens qui sont opérés par les agents du FLN, sur le « corridor de la mort » (pénétrante de Delmonte) que ,le 17 avril 1962, l’OAS en représailles ,prend pour cible les habitants du douar Zeintoun ,situé le long de l’avenue de l’Auto strade,et l’attaque « à la grenade et au bazooka par plusieurs commandes de l’OAS revêtus  des tenues léopards .20 morts, dont une femme et deux enfants,… »Les victimes de ce massacre, sont inhumées dans un cimetièreimprovisé, situé sur un monticule du terrain Ardil au lieu –dit ‘’Douar Cheklaoua’’, surplombant le cimetière militaire français.

Sépultures situées à l’intérieur des lieux de culte

Bien qu’il existe en Islam, des éléments de droit funéraire contenus dans de nombreux ouvrages de fiqh, concernant notamment, l’inhumation à l’intérieur des mosquées ; la présence des tombes à l’intérieur des lieux du culte de toutes les religions a été règlementée par la législation coloniale qui, toutefois accorde des dérogations pour les personnages distingués ou ayant rendu des services.

Hormis les sépultures de quelques saints musulmans sur lesquels on a élevé des goubbas votives (la dernière goubba votive élevée à Oran ,fut celle du cimetière de Sidi el Gharib ,en 2008,durant mon mandat de président d’APC) ;un certain nombre de personnages sont enterrés a l’intérieur des mosquées ou des zaouias :Halima Ben Youcef  Ez-Zyani dite Caida Halima,19 décédée en 1944 àOran est enterrée a  l’intérieur de la mosquée de la confrérie des tidjania dite mosquée cheikh Belkacem Benkabou a Mdina –Jdida ;cheikh abdelbaki Benziane 20,chef spirituel

 

19Halima Ben Youcef Ez-Zyani dite Caida Halima (1858-1944), épouse du bachagha Ali Ould Cadi ; décédée le 22 aout 1944, lelendemain, lepréfet donne autorisation de l’inhumer à l’intérieur de la mosquée qu’elle fit construire à Mdina-Jdida.D’après les renseignements recueillis (novembre 2014)auprès Si Ghachem ,l’oukil chargé de la mosquée, dans les années 1990,sous la pression des salafistes ,la tombe de Caida Halima qui se trouvait à l’entrée de la salle de prière ,fut supprimée et ses restes transférés au cimetière de Sidi el-Hasni .Seuls, cheikh Belkacem Benkabou et son neveu ,Hadj Miloud ,ancien imam de la mosquée ,sont enterrés dans un dharih, en annexe de la mosquée.

20 Cheikh abdelbaki Benziane ould Ahmed, décède le 15 février 1927, le préfetd’Oran a délivré l’autorisation sur la base d’une pétition collective signée par de nombreux voisins européens approuvant l’inhumation à l’intérieur de la zaouia de la rue d’Islande .Aujourd’hui, deux voies portent son nom ; l’ancienne place de la perle et l’ancienne rue de Noiseux.

 

 

 

De la confrérie des derkaous en paix depuis 1927, à l’intérieur a salle de prière sa zaouia située au quartier des Jardins Wels Ford ; le muphti d’Oran, Si Hassan Boulahbal ,décède en 1947,avait laissé comme dernières volontés  d’être inhumé à sanctosà l’intérieur de la goubba de Sidi El Houari ;la goubba de la confrérie des Taibia contient les tombeaux de tous les membres de la famille Chérif El Ouazzani ,à partir de Sidi El Hasni ,fondateur depuis 1868,de la branche oranaise des Taibia de la Maison d’Ouezzan.

Enclos réservé aux tombes 21 de Mustapha Ben Smail 22 et de son neveu Smail ould Khamlich Ould Cadi .23

        Aux mois de septembre et octobre 1999, une vive polémique fut soulevée dans l’opinion publique à propos d’un hypothétique transfert de la tombe qui se trouvait à l’intérieur de la mosquée dite Ahmed Benacef du nom du fondateur ce bien habous, a Mdina-Jdida.24 Les acquéreurs de ce bien habous détourné, ont construit un hôtel a la place de la mosquée qui fut totalement rasée.

Chez les chrétiens,aujourd’hui, seul Monseigneur Pierre Claverie ,25 assassiné le  1er aout 1996, est inhumé a l’intérieur de l’église 26 du

 

 

21Les deux tombes qui étaient inclues dans le cimetière de Sidi el Bachir furent, lors de sa désaffectation, épargnées par les autorités françaiseset, on leur a construit un enclos qui donnait sur la rue Détrie .Cet édicule, avec l’agrandissement en 1986 du pavillon de chirurgie dentaire de l’Hôpitalcivil, fut démolie et les tombes transférées vers un lieu inconnu.

22 Mustapha Ben Smail (1768-1843), « agha chef du makhzen d’Oran, maréchal de camp », fut tué (23 mai 1843) près de Zemmoura, chez les Flitta,de son retour du combat de Taguine ou eut la prise de la Smala (16 mai 1843).Son corps fut ramené àOran sans la tête et sans une main .

23 Lieutenant des spahis, décédé en 1864, la famille a voulu qu’il soit enterré aux côtés de son oncle, Mustapha BenSmail avec qui, il avait guerroyé dans le passé contre l’émir Abdelkader.

24 Ahmed Benacef (1862-1929), instituteur au titre indigène, conseillermunicipal, membre actif du mouvement associatif oranais naissant ; a fait partie du lobby coloniste algérien dans le cadre de l’occupation du Maroc, comme agent des services de renseignements.

25 Pierre Claverie, prêtredominicain, né le 8 mai 1938 à Bab-el Oued (Alger), évêque d’Oran depuis 1981 jusqu’à son assassinat le 1er aout  1996 àOran, Après la cérémonie d’hommages célébrée le 5 aout, il fut inhumé dans l’intimité le 7 aout, à l’intérieur de son église.

26  A Oran, la tradition chrétienne d’inhumer les personnages en vue a l’intérieur des églises, remonteà l’époque espagnole .Nous savons que, le capitaine-général d’Oran le comte d’Alcaudete, qui périt le 26 aout 1558 dans la célèbre bataille de Mazagran, près de Mostaganem ;fut ramené àOran par son fils Don Martin de Cordova et

Quartier El Maqqari (Saint –Eugene) dédiée à Sainte –Marie ; faisant fonction de cathédrale depuis 1983.

 

II. Cimetière chrétiens

                              Oran face aux épidémies des premières années de

L’occupation coloniale

A peine une année après l’occupation militaire par les troupes françaises en 1831,la ville eut à essuyer en 1832 la première des épidémies de la période coloniale .Cette année ,le choléra qui partit de l’Inde en 1818,après avoir traversé l’Asie ,atteignit l’Europe, et éclata à Paris le 6 mars 1832.En décembre 1832 ,le baron Pichon ,intendant civil de la Régence d’Alger ,ordonne au sous –intendant civil à Oran ,de prendre les mesures nécessaires contre l’invasion du choléra qui pourrait se propager à partir de l’Espagne avec laquelle Oran était en constante relation maritime .Effectivement ,ce qu’on  craignait arriva et ,plus vite qu’on ne s’y attendait ;en janvier 1833, le choléra envahissait la péninsule ibérique .

    Néanmoins, malgré les mesures de protections qui avaient été préconisées, le choléra fit son apparition dans les derniers jours de septembre 1834, à Mers el Kébir, et ne tarda pas à atteindre Oran dans les premiers jours d’octobre. Dans cette ville, ou en plus du climat d’insécurité qui y régnait du fait de son blocus permanent par l’émir Abdelkader, la désorganisation urbaine et l’absence d’entretien des équipements collectifs, concernant notamment l’évacuation des eaux usées et l’alimentation en eau potable, faisait que tout était motif  à

 

 

Inhumé dans l’église de saint Dominique .Générale C.X. de SANDOVAL « Les inscriptions d’Oran et de Mers –el Kébir … », Revue Africaine, 1871, p.354.

Néanmoins, il est curieux de noter que Paul Ruff, à propos de la sépulture du comte d’Alcaudéte, déclare : «On ne sait où il fut enterré ».Pourtant Paul Ruff cite l’article du Générale C.Xde SANDOVALparmi les sources qu’il a utilisées pour écrire son ouvrage, la domination espagnole àOran sous le gouvernement du comte d’Alcaudete 1534-1558, Paris, Leroux ,1900.

D’autre part, le générale Sandoval rapporte que ,d’après Henri –Léon Fey,on découvrit en 1851 au Château –Neuf , « dans le pavage trois dalles avec des inscriptions, que l’on reconnut clairement y avoir été transportées d’un autre point .La plus ancienne de ces deux dalles ,qui sont des pierres tumulaires provenant sans doute de quelque église, contient ce qui suit :’’Cette sépulture est celle de Iv.(Juan)Lopez de olivaroII.Hijo de D.Francisco, année 1581’’. »Générale C.X. de SANDOVAL, « Les inscriptions d’Oran et de Mers-el Kébir .Notice historique sur ces deux places depuis la conquête jusqu’à leur abandon en 1792 (Traduit en français par le Dr MONNEREAU) », Revue Africaine, vol.XV1871, p.437.

 

 

Favoriser la propagation de la maladie. Cette épidémie de choléra qui dura de septembre à décembre 1834, fit de très nombreuses victimes aussi bien dans la population civile que militaire ; la population juive, du fait de la très grande insalubrité du ghetto, fut la plus éprouvée. Au total, selon le Dr Sandras, la population perdit en deux mois un dixième de sa population .27 En 1835 et 1837, le choléra refit son apparition avec la même vigueur .Mais les mesures énergiques de précautions  prises par la commission sanitaire àOran, avaient réussiàpréserver la ville de toute atteinte grave .28 C’est durant cette période de 1831-1849, que la ville connut la création ses premiers cimetières de catastrophe.

Les cimetières de catastrophe

  (Cholera 1831-1849)

-Carré des Officiers du Bastion Le Fol (Château –Neuf) :1831

Le colonel Louis –Etienne Lefol fut le premier commandant du Château –Neuf (février 1831), ildécède le 12 septembre 1831victime d’une ‘’cérébro –dysenterie’’. « plutôt que de confier le corps du colonel Lefol à un banal cimetière, le colonel P.Gendry rapporte que ,le générale de Faudoas voulut qu’il fut inhumé dans ce Château –Neuf dont il avait été le premier commandant Français ,et ses soldats pieusement l’enterrèrent  à la pointe du bastion nord-est ,le plus proche de la partie ou l’attendaient vainement les siens ,et vers laquelle ils allaient eux –même repartir.

Ayant rendu à leur chef les derniers honneurs, ils laissèrent a leurs successeurs d’appeler désormais ce lieu sacré le bastion Lefol. »29

     En 1834, le générale Fitz-James,commandant de la place fut l’une des très nombreuses victimes de l’épidémie de choléra qui frappa durement la ville en 1834.Il fut enterré dans bastion Lefol qui devient très vite le carré d’inhumation des officiers, « humble enclos, orné aux angles de canons fichés en terre, limité par une margelle et un grillage ; trois dalles, un monument sous lequel reposent quatre soldats français. » ; à savoir :

 

 

27DrSANDRAS Gustave, Histoires des hôpitaux d’Oran, p. Perrier, 1910, p.59

28 BENKADA Saddek , « Le ‘’Désastre démographique’ ’de 1865-1869 en Algérie et ses conséquences sur la démographie urbaine :le cas de la ville d’Oran »,Journée d’étude organisée le 10 décembre 2013 par L’Université d’Alger 2 ,en hommage au Professeur Djilali SARI.

29 Colonel Pierre GENDRY, « Le Château –Neuf et le destin militaire d’Oran »,Revue Historique de L’Armée ,n°2,1953,pp.38-72,p.50.

30Ibid. p.45

 

 

       Colonel Lefol 1789-1831

       Maréchal de camps de Fitz-James 1788-1834

       Colonel de Maussion 1795-1840

Colonel Mouret 1796-1846

Les corps des quatre officiers français ont été, au lendemain de l’indépendance, translatés par les autorités militaires françaisesencore présentes à Oran, au cimetière militaire français du petit -Lac.

-Cimetière du Caroubier ‘’La Torre de Algarrobo ‘’ (la Tour du

 Caroubier) : Ancien cimetière espagnol du Campo santo ,1831.

A leur arrivée en 1831, les français ne trouvèrent dans la ville comme cimetière chrétien que celui qui datait de la deuxième période espagnole (1708-1792).Pressés de procéder à l’inhumation des premiers soldats décédés, ils utilisèrent le cimetière espagnol de la Torre deAlgarrobo ‘’ (la Tour du Caroubier).

C’est celui dont semble sans doute parlait Don Harnaldo Hontabat, lorsqu’il évoque dans son mémoire (1772)la présence d’une tour située à l’intérieur du Campo Santo ,le cimetière espagnol.31 Ce dernier lui-même était situé à l’extérieur des murailles de la ville ,dans l’actuel ravin Raz-el –Ain .Ceci ,  semble contredire parfaitement l’idée avancée par Mikel de Epalza selon laquelle , « Il ne semble pas qu’à Oran il y ait eu un cimetière en dehors de la ville ,comme on commençait a le faire en Espagne au dernier tiers du XVIII siècle pour des raisons de salubrité. »32 ; et que, les seuls cimetières en usage à cette époque étaient ceux qui étaient attenants aux hôpitaux, comme celui de l’hôpital de San Benardino et, aux églises, ou, « Le commun des chrétien était inhumé dans un grand vaso ou fosse commune. »Pour les personnages importants surtout les ecclésiastiques, « ils se faisaient enterrer dans le temple même, ou, il y avait des tombes avec des épitaphes dans les chapelles ou dans la crypte du maitre –autel. » 33

-Cimetière dit des ‘’Cholériques’’1834

 

 

31 HONTABAT don Harnaldo, Relaciongénéral de laconsistencia de las Plazas de Oran y Mazarquivir,por el Coronel commandante de Ingenieros Don HarnaldoHontabat (El 31 dedéciembre 1772).La copie de ce Mémoire se trouvait aux Archives du Génie militaires françaisàOran .Il fut traduit en français par les capitaines Cassaigne et de Loqueyssie ,en 1851.Publié et préfacé par PELLECAT G. ,Oran ,Bulletin de la Société de Géographie etd’Archéologie d’Oran ,1924,tiré à part 88p.,

P.31.

31Mikel de EPALZA et Juan –Bautista VILAR, Planos y mapashispanicos de ArgeliasiglosXVI-XVIII. Plans et cartes hispaniques de l’Algerie (XVIé-XVIIIé siècle), (édition bilingue), Madrid, Instituto Hispano-Arabe de cultura, 1988, p.154

33 Ibid.p.154

La terrible épidémie de choléra de 1833-1834 avait rendu le cimetière du Caroubier trop exigu ;il fut donc décidé de crée un nouveau cimetièreà qui on avait donné le nom de ‘Cimetière dit des Cholériques ’et,dont le terrain était situé ,nous dit ,Gaston Pellecat , « au pied des carrières d’Eckmuhl ,non loin de la source de Raz-el-Ain a un kilomètres en viron de la Porte de Tlemcen ».Le fort de San –Fernando ,aujourd’huidisparu, le dominait et le protégeait. Près de cinq cent militaires et autant de civils y furent inhumés. »34

En 1849,une seconde épidémie de choléra aussi effrayante que celle de 1834 fit plus 2000victimes .Gaston Pellecat ,toujours intéressant à s’en référer lorsqu’il s’agit de l’histoire des cimetières de la ville ,indique que, « Le Cimetière des Cholériques ,devenu insuffisant fut agrandi par la prise de possession d’urgence d’une parcelle de terre de 1.768 mètres carrés ,contiguë au cimetière appartenant a un sieur Salas. »

        Avec la création en 1856, ducimetièreibadite, les deux nécropoles se trouvent jusqu’à présent presque mitoyennes. Apres sa désaffectation, lecimetière des cholériques était resté longtemps à l’abandon avant que la commune n’en fit de lui une très belle Pépinière qui existe jusqu’à aujourd’hui sous le nom de Pépinière communale de Raz-el Ain.

II.2- Les cimetières communaux

-Ancien cimetière espagnol dit des Concessions : 1838-1852

Gaston Pellecat expliquait le nom de concessions à cet ancien cimetière datant de la période espagnole… ‘Le sous-intendant civil Sol, pararrêté du 28 Mars 1838, organisa le service des inhumations àOran, et établissait les conditions financières et administratives pour permettre aux familles d’obtenir des ‘‘concession ‘temporaires et perpétuelles pour l’ensevelissement de leurs morts. Le terrain choisi pour l’attribution de ces ‘concessions ‘fut l’ancien ‘campo Santo ‘des Espagnols qui fut agrandi, dans la mesure du possible, ducôté de la montagne, par la construction d’un mur en moellon qui prolongeait les murs déjà existants .La vieille tour du ‘champ du désir ‘fut réparée et servit de logement au gardien du cimetière ‘’…35

 

34 Archives Gaston PELLECAT « Dossier cimetière »(1926), société de Géographie et d’Archéologie d’Oran.

35 Eugène Cruck a introduit une erreur de taille en confondant, lecimetière des Cholérique de 1834 et le cimetière des ‘‘Concessions’’, l’ancien ‘’Campo Santo ‘’des Espagnols, ouvert aux inhumations en 1838.Eugéne CRUCK, Oran et les témoins de son passé. Récit historiques et anecdotiques, Oran, Heintz, 1956, p.184

 

 

 

 

Ouvert n 1838, il fut fermé en 1852, lors de l’ouverture officielle du cimetière de Tamashouet.

Cimetière Tamashouet : depuis 1852

C’est le quatrièmecimetièrechrétiencréeàOran durant la colonisation,

après ceux du Caroubier (1831) des Cholériques (1834) et des concessions (1836),ce dernier est l’agrandissement de l’ancien cimetière espagnol qui datait avant la colonisation française ,le cimetièrechrétien fut créé en 1852 et agrandi en 1920 –Il prit le nom de Tamashouet,déformation du toponyme arabe Tamessaoudt ,lieu –dit ou fut implanté le Blockhaus ,puis le cimetière chrétien .Cf.Archives du commandant Gaston Pellecat ,conservées à la Société de Géographie et d’Archéologie d’Oran ,Dossier «  Cimetières chrétiens »(1926).

Cimetière Tamashouet et le regroupement des tombes

Le ministère des Affaires étrangèresfrançais faisait savoir que les travaux liés au regroupement partiel sur place de sépultures dans le cimetière de Tamashouet à Oran ont été achevés le 14 mars 2009.Cette opération était visée dans l’arrêté du 9 octobre 2007 relatif au regroupement de sépultures civiles français dans l’ouest de l’Algérie, publier au journal officiel e la République française le 1er novembre 2007.

    Le dimanche 10 mai 2009 à 16 h00, en présence notamment de l’évêque, duWali et du Président de l’APC d’Oran a eu lieu la cérémonie solennelle de ré-inhumation des défunts dans les sept ossuaires renfermant les restes de 7700 tombes, construits sous forme de bunkers blancs, au centre du cimetière.36

     Les terrains de la partie désaffectée font déjà l’objet de convoitises immobilières ; pour faire obstacle à un éventuel détournement de vocation, nous avons projeté, durant notre mandat de président de l’APC ; de la préserver comme lieu de mémoire funéraire et de recueillement en l’aménageant en un cimetière –jardin de 10 hectares.

II.-3 Les sites de mémoire

3.1 – Cimetière du petit –Lac dit «  Cimetière américain (1952)

En 1943les armées alliées décident de regrouper les corps des soldats tués lors du débarquement du 8 novembre 1942.Un terrain communale de 81.800 m2,près de la Dhaya Morsli (Petit lac salé)a l’est de la ville ,est

 

         36 MOLLARET Guillaume, « Les pieds-noirs veulent sauver leurs cimetières d’Algérie  », Le Figaro, 12 mai 2010.

 

 

mis à leur disposition ; depuis lors, il porte le nom de « Cimetière américain » ou, environ 10.000 dépouilles de soldats anglais et canadiens y sont ensevelies. Au début des années 1960, les corps des soldats américains ont exhumés et regroupés au cimetière américain de Carthage, le North Africa-American Cemetery and Memorial.37

Le 9 mars 1966, le ministère français des anciens combattants, retint le cimetière du Petit Lac à Oran comme lieu unique de regroupement des tombes, sous le nom de Cimetière militaire français d’Oran.

3.2 –«  Cimetière des marins  » de Mers- el –Kébir

L’ossuaire du cimetière marin de Mers el Kébir contient les corps des marins du cuirassé Bretagne qui avait été coulé lors de l’attaque de l’escadre le 3 juillet 1940 par les forces navales britanniques.

Le caveau de l’amiral Darlan contient le cercueil qui a été transféré le 19 avril 1964 par l’escorteur d’escadre Maillé-Brézé, il placé au milieu des 263 tombes de marins qu’il avait commandés .La dalle funéraire porte l’inscription : «  FrançoisDarlan, amiral de la flotte, mort pour la France .Nérac 1881 –Alger 1942. »38

III. Cimetière israélite : La mémoire d’une communauté disparue39

Premier cimetièreisraélite : 1509-1708

On trouve sur le plan d’Oran que leva le capitaine Levret en 1831, l’indication d’un cimetière qui aurait appartenu à la communauté juive depuis l’occupation de la ville par les Espagnols .40 Le plan en question

 

 

37 Information donnée par Gerald J.Loftus, consul générale des Etats –Unis àOran (1992).Rappelons que parmi les victimes militaires américaines, se trouvent les 74 marins de la corvette Wolney attaquée le 8 novembre 1942, dans le port d’Oran par les éléments vichystes de la défense mobile.

38 PAVIN Alain, « La base de Mers –el Kébir et la victoire e 1945 »Correspondance), Le Monde ,5 mars 1980.

 

39 Je reprends ici l’expression d’OmarLAKHDAR,à propos du cimetière juif d’Essaouira (Mogador), « Le Cimetière juif d’Essaouira, la mémoire d’une communauté disparue »,2014.

40 La présence d’un cimetière juif durant la première occupation espagnole de la ville est attestée par une lettre du 3é comte d’Alcaudete, gouverneur militaire d’Oran ,datée du 13 février 1600, dans laquelle il dit : « J’ai pu voir qu’il est dit dans cet écrit, qu’il y a une grotte par la bande de la vieille-Casbah, dans les sépultures des Juif(sepultoras de los Judios)et que par cette grotte ,les Turcs pourraient avec facilité arriver à faire sauter les munitions, car ils ne pourraient être vus d’aucune forteresse. »Général DIDIER L., Histoired’Oran (1576-1600), vol. VII, Oran, LibrairiePetit, 1932, p.316.

 

Indique qu’il était situé dans la zone extra-muros comprise entre la porte des Carrières (Bab el Djiara) et le bastion espagnol de Santa-Barbara(place Valéro ).Autrement dit, comme le confirme Derrien, « à l’endroit où s’élève actuellement la grande synagogue .41 L’historien local ,le générale Didier qui ,pour ôter de son esprit tout soupçon de doute quant à cet hypothétique emplacement ,il entre ,le 18 mars 1925 en correspondance avec M.Weil ,rabbin d’Oran .En substance, ce dernier soutint mordicus que jamais cimetière juif ne fut élevé à cet endroit d’autant plus argue-il : « En faisant les fondations de la synagogue actuelle, on a trouvé de vieux ossements humains ,d’Arabes ,mais pas de Juifs, car les Juifs qui ont le culte de leur morts n’avaient aucune connaissance d’un cimetière des leurs à cet endroit et n’auraient pas bâti là leur synagogue s’ils avaient eu le moindre doute que ce soient des tombes juives ils n’auraient pas bâti sur leurs morts . »42

Cimetière israélite : depuis 1801

D’une superficie de trois hectares e

Saddek BENKADA

Maitre de recherche au CRASC- –Oran

Ancien Maire d’Oran

 

 

 

 

Cimetière et mémoires à Oran

(1792-2012)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Janvier2015

 

 

Cimetière et mémoire àOran (1792-2012)

Cette page de l’histoire des cimetières d’Oran est une version abrégée d’une communication intitulée «  plus de deux siècles d’histoire cimeteriale .cimetières et mémoires à Oran (1792-2012) » présentée à la journée d’étude sur le thème de « les rites et les édificesfunéraires en Algérie : approches archéologique et anthropologique », organisée le 6 avril 2014, par l’U.C.C.L.A

Saddek  BENKADA

Maitre de recherche au CRASC-ORAN

Ancien Maitre d’Oran

1. Cimetière musulmans

Cimetière sidi Gharib : avant 1792( ?)

D’une surface de 62 ares et 94 centiares, le cimetière de sidi El Gharib est le plus ancien cimetière musulman qui soit situé sur la rive gauche de l’oued Raz-el Ain ,au bas de l’ancien Ribat d’Yfri ,1 devenu durant les deux occupations espagnoles, les douars des Mogatazes.2 ‘ ‘ Le cimetière d’Yfre’’ signalé sur les cartes espagnoles, aurait probablement servi aux inhumations des mogatazes ;c’est pour cette raison ,a notre avis ,que le Bey Mohamed El kébir ,en occupant Oran en 1792,créa le cimetière de Sidi El Bachir et abandonna celui de Sidi  El Gharib.

Cimetière dit de ‘ ‘Sidi el Houari ’’

Gaston Pellecat a été le seul à signaler l’existence de ce cimetière qui, d’après les informations fournies par son collègue du conseil municipal, Benaouda Hadj –Hacène Bachtarzi, se trouverait au pied de la mosquée du campement .3

Cimetière des Tolbas (Es-Senia) :(1788)

Ce cimetière fait l’objet d’un grand respect de la part de la population et constitue jusqu’à maintenant partie du cimetière de Sidi Boumediene à la Sénia.

     Il a servi probablement de cimetière aux premiers Tolbas Moudjahidines qui sont morts lors des sièges d’Oran contre les Espagnols, sous le Bey Bouchelaghem et le Bey Mohamed El kébir.

 

1Les cartes espagnoles du XVII le siècledésignent l’emplacement sous le nom de ‘ ‘Ifre

arruinado’’ .Devenu durant l’époque coloniale, faubourg Eugène Etienne ; en 1988, il sera

Rebaptisé de nouveau quartier Ribat Yfri.

2 Mogatazes appelés également Moros de Paz et Moros d’Yfre, étaient des troupes

Auxiliaires autochtones au service des Espagnols

3 Archives du commandant Gaston Pellecat, Dossier Cimetière arabe (1856),                       

   Société de Géographie et Archéologie d’Oran.

  En 1867-1869, lorsque les autorités coloniales ont désaffecté le cimetière musulman  de Sidi El Bachir, les oranais privés de cimetière amenaient de nuit leurs morts et parfois même les agonisants pour les  y ensevelir.

En mars 2008, sous mon initiative, j’étais alors PDT  APC d’Oran, l’A P C d’Es-sénia avait débroussaillé et mit à jour les anciennes tombes des Tolba–Moudjahidine du siège de 1788-1792, situées en face du cimetière de Sidi Boumédiéne .Le Ministre des Affaires religieuses avait procédé a son inauguration.

Cimetière Sidi el Bachir : 1792-1868

Le cimetière occupe le sommet d’une petite élévation de terrain, sur laquelle fut élevée en 1792, le mausolée de Sidi el Bachir Ben Yahia, un saint de la région de Mascara fort honoré par le bey Mohamed el Kébir.

      En 1856, le génie militaire, pour construire le nouveau mur d’enceinte de la ville, demandeà la commune de procéder à la translation du cimetière de Sidi El Bachir qui avait alors une superficie de 10 h, 29 ares, 16c.Compte tenu de la différenciation ethnique précoloniale et des particularismes religieux, deux autres cimetières étaient attenants à celui de Sidi –el-Bachir ; l’un réservé à la population noire et l’autre appartenant à la communauté mozabite.

 

     Une fois l’entente trouvée, en 1868, entre les notables musulmans et la commune pour remplacer le cimetière de Sidi El Bachir par celui de Moul -ed-Douma, ce dernier commence à accueillir les inhumations. Les nombreuses goubbas qui étaient élevées dans l’ancien cimetière  de Sidi El Bachir ont été reconstruites au cimetière Moul -ed-Douma, sauf celle de Sidi El Bachir Ben Yahia qui demeure jusqu’à nos jours à son emplacement initial au quartier Sidi El Bachir (ex. Plateau Saint Michel).4

Cimetière de la famille beylicale (mosquée de Karguentah) :1792-1845.

Il s’agit d’un petit cimetière créé en même temps que la Mederça- mosquée de Kheng En –Netah, par le bey Mohamed el Kébir pour recevoir les sépultures des membres de la famille beylicale, ou, lui-même et son frère le bey Mohamed Reguig, dit « El bey el masloukh »y furent

 

 

 

4BENKADA Saddek, « un exemple de protestation urbaine au XIXesiècle .L’affaire du cimetière musulman d’Oran (1867-1869) », Oran, Cahier Maghrébins d’Histoire, n°1, 1987, pp. 71-91.

 

 

Enterrées .5 Contrairement à Mascara ou le bey Mohamed el Kébir avait créé« Maqbarat elmachahir », une sorte de modeste « Panthéon »

Réservé  aux personnages illustres de la ville .6 Rien n’autorise cependant à penser qu’il y ait eu d’autres cimetières privés àOrandurant cette époque qui auraient relevés de la propriété des familles patriciennes de la ville, comme ce fut le cas à Alger .7

 

Première Cimetière ibadite : 1792-1856

Le premier cimetière ibadite était situé dans les ilots actuellement compris entre : Bd. Des Frère Niati  (ex.Dutertre), Bd. Commandant Adda Benaouda  dit si Zaghloul (ex. Hippolyte Giraud),rue Ghoual Mohamed (ex.Podesta),rue Sekkal Chaib (ex.Crouy) et rue des frères Aroumia (ex .Ferdinand Servies).ce qui fait que a rue de Gare fut ouverte au lieu de ce cimetiere.8

     Son sort suivra celui du cimetière Sidi El Bachir dont il était avoisinant, après leur désaffectation, leur assiette foncière servira  à la création du plateau Saint –Michel, notamment les quartiers de l’hôpital civil et de la Gare.

Deuxième Cimetière ibadite : 1856-2005

Contenance en 1856 :1h. 11a. 55c.

      Il est mitoyen de l’ancien cimetière chrétien dit des « Cholériques »,

Aujourd’hui transformé en pépinière municipale.

      Gaston Pellecat, fait remarquer que le cimetière mozabite, porte au-dessus de la porte d’entrée l’année 1856, date à laquelle, le terrain de 1h.

 

5 La méderça   et le cimetière furent englobés au début de la colonisation dans le quartier de la Cavalerie .A la fin du XIXe siècle, lorsque les terrains militaires furent transférés à l’administration des Domaines avant qu’ils soient définitivement cédés à la commune, les dépouilles du Bey Mohamed el Kébir et de son frère le Bey Mohamed  Mohamed Reguig, furent exhumés de l’intérieur de la mosquée ou leurs tombes se trouvaient et furent transférées dans un autre cimetière musulman.

Cf. MARIAL W., « La mosquée de Sidi Mohamed el Kebir à Oran », BSGAO, 1893,

pp.168-201

Il est fort possible que les deux frères soient ré inhumés dans un enclos spécial au lieu –dit ‘’Ardh El Athmania’’, ancienne propriété beylicale de la famille Ben Othmane,

Situé sur l’actuel territoire de la commune de Bréa, daïra de Tlelat.

6L’orientaliste REINAUD, signale en 1833, une pierre tombale trouvée sur le lieu du cimetière attenant à la mosquée de « Garganta » ; portant une inscription funéraire concernant le bey Mohamed –el Kébir, en indiquant que cette pierre, « se trouve maintenant dans le cabinet de M. Félix Lajard .membre de l’institut à qui elle a été envoyée. »REINAUD, « Une inscription funéraire arabe », Journal Asiatique ; 1833, t.9pp.189-190.

7AUMERAT, « La propriété  urbaine à Alger », Revue Africaine, 1898, pp.168-201.

8 plan d’aménagement du quartier Saint –Michel, 1880, arch. Communales d’Oran).

11a. 55c. Fut acquis par la communauté ibadite d’Oran par acte notarié devant Me Sauzéde.9

Troisième Cimetière ibadite : 2005

Propriété pleine et entière de la communauté ibadite de la ville, le troisième cimetière ibadite ouvert en 2005, mitoyen du cimetière d’Ain Beida, s’étend sur deux hectares,

Cimetière des noirs (makabreut el Abid) :1792-1868

Le cimetière faisait pratiquement partie du cimetière de Sidi el Bachir.

Mais les archives municipales mentionnaient bien « Mekabreut el Abid »

Aussi ,il y’a tout lieu de penser qu’une partie du cimetière Sidi el Bachir  était réservée aux inhumations propres à la communauté noire .10 II reste cependant à savoir s’il s’agissait de la communauté des noirs affranchis ou celle des noirs en état de servitude qui étaient assez nombreux dans la société oranaise .Makbarat el Abid occupait l’emplacement compris entre le bd. Zabana (ex.bd Paul Doumer),la rue Boussaid Belkacem(ex rue des Pompiers),le bd.Didouche Mourad (ex.bd.Fulton)et rue Chemlaoui Lahouari Sid Ahmed (ex .rue de stora).11

Cimetière Moul -Ed-Douma : 1868-1934

Dés1856 les autorités militaires avaient signifié à la commune, qui venait tout juste de se voir transférer de nombreux terrains par les

 

9Etant à l’époque Président de l’APC d’Oran, je remercie M. Hadj Mohamed Fartas représentant en 2008 la communauté ibadite d’Oran, d’avoir eu l’amabilité de me remettre une photocopie de cet acte d’acquisition établi en 1856 devant Me Sauzéde, notaire à Oran

10 le lundi 20 mars 1990, en procédant aux terrassements, des ouvriers travaillant sur le chantier de construction de l’agence de la banque nationale d’Algérie, au niveau du n° 5 du bd Zabana (coté plateau Saint –Michel) ;tombèrent des tombes contenant des ossements humains .D’après notre visite sur place ,nous estimons que ces tombes étaient situées dans la partie du cimetière réservée à la communauté noire, très nettement indiquée sur le plan de ‘’Distribution des eaux ‘’levé le 2 avril 1869.

Un photographe du musée Zabana, dépêché sur les lieux à procédée a des relevés photographique de ces tombes

11 « Plan de distribution des eaux de la source de noiseaux dans le haut quartier de Karguentah, traversée du cimetière négre, 10février 1868 .Archives de la Mairie d’Oran « Dossier Eaux de Noiseux » et plan parcellaire du Cadastre d’Oran ,1867

 

 

 

 

Domaines, parmi lesquels ceux servant de cimetièresmusulmans, deprocéderà la fermeture des cimetières musulman et israélite.

Conséquence de cette injonction, seul le cimetière mozabite fut translaté au ravin de Raz-el Ain .restait toutefois en suspens, le cas du cimetière de Sidi –el Bachir .en 1866, la commune fut prise de cours en apprenant que le Génie avait, par la construction du nouveau mur d’enceinte inclut le cimetière musulman dans la zone intra-muros .Tandis que le cimetière Israelite, fut de justesse, épargné par cette mesure.

Un groupe de notables des tribus makhzen, Si Ahmed OuldCadi,                            Mohammed Bendaoud, Smail Ould Mazari et Smail Ould Cadi

Profondément touché par le fait que leurs coreligionnaires préféraient faire transporter leur morts à dos de mulet a des dizaines de kilomètres d’Oran ,plutôt que de les inhumer dans un terrain avoisinant du cimetière chrétien qui leur a été imposé par le maire ;Ils proposèrent a la commune d’Oran de lui céder gratuitement un terrain de deux hectares leur appartenant en commun ,situé à Raz-el Ain ,pour être effectué comme nouveau cimetière musulman .Sa contenance était de 11 hectares ,65 centiares et 36 ares .

         Charles Brosselard, préfet d’Oran ,12 sur la base du compromis trouvé entre les notables et la commune, décida à la satisfaction générale, de prendre un arrêté daté du 17 avril 1869 dans lequel il annule la translation du cimetière musulman à proximité du cimetière chrétien et donne autorisation pour l’établissement du nouveau cimetière qui prit aussitôt le nom de Moul-ed-Douma, du nom de la goubba de Sidi Abdelkader Mouled-Douma qui s’y trouvait .13

          Le cimetière de Moul-ed-Douma fut désaffecté en 1934, et remplacé par le cimetière Larrajedieu (El Melh).

Cimetière Sidi el Filali (dit cimetière des familles turques) :1868

Cimetière privé appartenant aux familles oranaises d’origine turco-Koulouglie.Il est englobé dans le quartier dYfri (ancien Faubourg Eugène Etienne).Les français lui ont souvent donné le nom de ‘’cimetière des Turc’ ’Cecimetière date probablement d’avant la désaffectation du cimetière de Sidi El Bachir en 1868, comme le laisse

 

12 L’ironie de l’histoire a voulu que le préfet d’Oran soit à cette époque le distingué épigraphiste et arabisant Charles Brosselard qui était auparavant sous-préfet àTlemcen, ou il passait ses loisirs à relever dans les cimetières musulmans et dans les édifices religieux les inscriptions qui lui ont servi à publier ses fameuses « Inscriptions arabes de Tlemcen », RevueAfricaine, 1859, 1860, et 1862.

13 BENKADA Saddek, « Un exemple de protestation urbaine : L’affaire du cimetière musulman d’Oran (1867-1868 », Cahier Maghrébins d’Histoire, Universitéd’Oran .N°1,

1987, pp.71-91.

 

 

 

Penser, les nombreuses autorisations faites par les familles oranaises au Maire d’Oran en 1868, pour y  enterrer leurs parents après la fermeture du cimetière musulman de Sidi El Bachir.

      En 1926, la municipalité du Dr Molle, décide d’interdire les inhumations à l’intérieur du cimetière de Sidi Filali .Ce dernier, propriété privée des familles oranaises d’origine algéro-turque, parmi lesquelles la plus influente politiquement, celle des Hadj –Hacéne Bachterzi .or, il se trouve que l’un d’eux,

Benaouda Hadj-Hacéne Bachterzi se trouvait être conseiller municipal, notamment délégué aux Affaires indigènes. Il fallait attendre, l’arrivée du nouveau maire, René Menudier, pour que cette décision de fermeture du cimetièreturc ne soit définitivement annulée.

Cimetière Larrajedieu (El Melh) :1929-1956

         Sur le plan d’Oran (2006),ce cimetière est indiqué erronément sous le nom de ‘’Cimetière El Manssia’’ 14 ;alors qu’il fut toujours connu sous le nom de Makbarat el Melh.Ceci ,en raison des terrains marécageux et salés de la ferme Saint –Antoine ,destinée à la culture de la luzerne

          L’origine de la création de ce cimetière remonte au mois de septembre 1926 lorsque, le maire d’Oran, le Dr Molle prit un arrêté municipal par lequel il interdisait  la population musulmane de procéder aux inhumations dans l’ancien « cimetière turc des Planteur ».

          Par acte daté du 1erjuillet 1929,  la commune  acquit de Vve

Larrajedieu une propriété située dans la zone industrielle de Saint –Hubert au bord de l’ancien chemin dit du Figuier, au lieu –dit ‘’ElMelh’’ destinée à la création d’un nouveau cimetière musulman .Malgré la demande insistance des élus musulmans à ouvrir le nouveau cimetièreà partir de janvier 1931 ; la réponse tarda à venir et, les terrains acquis servirent d’aire de pacage aux troupeaux pendant plusieurs mois.

          Le délégué municipal aux Affaires indigènes, Benaouda Hadj-HacéneBachterzi,consulté par René Menudier ,à propos d’une éventuelle ouverture du nouveau cimetière de Larrajedieu,en septembre 1931,il lui donne son accord de principe ,tout en réussissant habilement à faire revenir ,le nouveau maire sur la décision de fermeture des anciens

 

14 Plan d’Oran au 1/7.500é coupure Nord-Est, INCT, Alger ,4é trimestre 2006.Le mot

 ‘’El Manssia’’ (dont on a perdu le souvenir) est pris pour le mot ‘’ Manssia’’ qui veut dire en arabe dialectal (désaffecté).Ceci prouve à quel point, il faudraêtre prudent avec la toponymie des cartes et plans récents.

 

 

 

Cimetière de Raz –el –Ain, notamment de sa propre famille, celui de Sidi El Filali .

        L’hiver de 1933 -1934, particulièrementrigoureux, fut marqué par d’importantes chutes de neige, faitexceptionnel, et d’importantes chutes de pluies qui provoquèrent en Oranie de très graves inondations. Les pluies diluviennes qui s’étaient abattues en ce début de février 1934 àOran, avaientoccasionnée de sérieux dégâts aux tombes au nouveau cimetière musulman de Larrajedieu.Un spectacle insoutenable frappa d’horreur et d’indignation la population musulmane en voyant des tombes effondrées laissant apparaitre des corps ensevelis la veille ; d’autres corps encore enveloppés dans leurs linceuls, à peine décomposés effleuraient le sol. Cette bouillie macabre aux odeurs méphitiques, de boue et de chair « en charognée », lui renvoya l’image apocalyptique de la description coranique du « Jour de la Résurrection ».C’est donc sur fond d’agitation politique ,de trouble sociaux et de crise municipale qu’éclata en février 1934,l’affaire du cimetière musulman de Larrajedieu qui a donné lieu en 1934 a la première grande manifestation de rue de la population musulmane.15

        Le dernier chahid de la Révolution à être inhumé dans le cimetière El-Melh, fut Benchechou,  un enfant du quartier El –Hamri (La mur).

Cimetière pour enfants de Sidi Senoussi

Selon le témoignage de plusieurs vieux oranais, la goubba de Sidi Senoussi  était entourée d’un petit cimetière ; ou, dans les années 1920, lorsqu’oncommença la construction des premières maisons du faubourg Cuvellier, il n’était pas rare que les terrassiers tombassent sur des squelettes d’enfants.

Cimetière musulman d’Ain –el Beida1959

         C’est par arrêtépréfectoral du 8 novembre 1946 que, lepréfetaccède a la demande formulée le 6 aout 1946 par le maire d’Oran lui demandant d’occuper temporairement les parcelles de terrains de culture sis au lieu-dit le ‘’Ravin rouge’ ’sur le territoire de la commune de la Sénia, appartenant aux consorts Juan et Giraud, afin d’effectuer des sondages pour le nouveau cimetière musulman d’Oran.

 

 

15 BENKADA Saddek , »Elites émergentes et mobilisation de masse :l’affaire du cimetière musulman d’Oran (février-mai 1934) »,in, Didier le SAOUT et Marguerite ROLLIDE (dir.)Emeutes et mouvements sociaux au Maghreb ,paris ,Institut Maghreb Europe, Karthala,

999, pp.79-89.

 

 

 

 

 Par délibération du 3 aout 1948, le conseil municipal décide l’expropriation d’utilité publique avec prise de possession urgente d’un terrain de 34 hec.44 a.et 56 ca. Situé sur le chemin de Grande communication n°73 (Route d’Oran a Misserguin par Ain –el –Beida), sur le territoire de la commune de la sénia ; appartenant aux sœurs Manceron, Vve Juan et Vve Giraud.16

              Houari Souiah rappelle que parmi les nombreuses réalisations en faveur de la population algérienne qui ont été arrachées par les élus M.T.L.D.au sein de la municipalité socialo-communiste présidée par le maire Nicolas Zannetacci (1947-1948) figure la création du nouveau cimetière musulman de Ain –el Beida.17

Les premières inhumations au cimetière d’Ain –El-Beida, ont commencé à la fin de 1956.Depuis sa création, il a déjà connu deux extensions, en 1986 et en 2008.Avec ses 140 hectares, il est actuellement le plus grand cimetière de la ville d’Oran.

               En aout 2009, il a été agrémenté par la transplantation de plus de 500 arbres, essentiellement des ficus qui ont été récupérés sur les voies urbaines touchées par le tracé des lignes du tramway.

Cimetière Sidi el Hasni

Il est appelé cimetière des Douaidia ou de nombreux membres de la famille du colonel Mohamed Bendaoud (1837-1912) y sont enterrés ; il est connu également sous le nom de cimetière des Ouazzania, des gens d’Ouazzane (Maroc).

          La zaouia et le cimetière de Sidi EL Hosni 18 sont situés sur n terrain qui fut acheté en 1904 par Sidi Ahmed Ben el Hosni (1862-1932), à un couple d’européens.

         Auparavant la zaouia Taibia, à laquelle appartient  Sidi Ahmed Ben el Hosni, était située au 6 rue Wagram, ou elle avait élu domicile vers 1868, dans une maison voisine de celle de la famille Bendaoud .D’ailleurs, la nouvelle zaouia et le cimetière sont mitoyens de la maison de campagne du colonel Bendaoud, ce dernier et les membres de sa famille sont inhumés dans ce cimetière.

 

16 Archives  communales d’Oran, Dossier Cimetière d’Ain–el Beida.

17 SOUIAH Houari « Action politique et municipale des militants MTLDau sein de la ville d’Oran, Colloque internationale sur l’Histoire de la ville d’Oran, organisé par la Société de Géographie et d’Archéologie d’Oran, a l’occasion du 30 é anniversaire de la révolution, Oran, CRIDSSH ,27-30 octobre 1984. (Inédit)

18 Sidi El Hosni Ben Brahim (1830-1903), chérifd’Ouezzan, fut le fondateur àOran de la branche algérienne de la confrérie des Taibia.

 

 

Cimetière d’urgence des chouhada du douar Zeitoun : avril 1962

C’est probablement en raison des enlèvements d’Européens qui sont opérés par les agents du FLN, sur le « corridor de la mort » (pénétrante de Delmonte) que ,le 17 avril 1962, l’OAS en représailles ,prend pour cible les habitants du douar Zeintoun ,situé le long de l’avenue de l’Auto strade,et l’attaque « à la grenade et au bazooka par plusieurs commandes de l’OAS revêtus  des tenues léopards .20 morts, dont une femme et deux enfants,… »Les victimes de ce massacre, sont inhumées dans un cimetièreimprovisé, situé sur un monticule du terrain Ardil au lieu –dit ‘’Douar Cheklaoua’’, surplombant le cimetière militaire français.

Sépultures situées à l’intérieur des lieux de culte

Bien qu’il existe en Islam, des éléments de droit funéraire contenus dans de nombreux ouvrages de fiqh, concernant notamment, l’inhumation à l’intérieur des mosquées ; la présence des tombes à l’intérieur des lieux du culte de toutes les religions a été règlementée par la législation coloniale qui, toutefois accorde des dérogations pour les personnages distingués ou ayant rendu des services.

Hormis les sépultures de quelques saints musulmans sur lesquels on a élevé des goubbas votives (la dernière goubba votive élevée à Oran ,fut celle du cimetière de Sidi el Gharib ,en 2008,durant mon mandat de président d’APC) ;un certain nombre de personnages sont enterrés a l’intérieur des mosquées ou des zaouias :Halima Ben Youcef  Ez-Zyani dite Caida Halima,19 décédée en 1944 àOran est enterrée a  l’intérieur de la mosquée de la confrérie des tidjania dite mosquée cheikh Belkacem Benkabou a Mdina –Jdida ;cheikh abdelbaki Benziane 20,chef spirituel

 

19Halima Ben Youcef Ez-Zyani dite Caida Halima (1858-1944), épouse du bachagha Ali Ould Cadi ; décédée le 22 aout 1944, lelendemain, lepréfet donne autorisation de l’inhumer à l’intérieur de la mosquée qu’elle fit construire à Mdina-Jdida.D’après les renseignements recueillis (novembre 2014)auprès Si Ghachem ,l’oukil chargé de la mosquée, dans les années 1990,sous la pression des salafistes ,la tombe de Caida Halima qui se trouvait à l’entrée de la salle de prière ,fut supprimée et ses restes transférés au cimetière de Sidi el-Hasni .Seuls, cheikh Belkacem Benkabou et son neveu ,Hadj Miloud ,ancien imam de la mosquée ,sont enterrés dans un dharih, en annexe de la mosquée.

20 Cheikh abdelbaki Benziane ould Ahmed, décède le 15 février 1927, le préfetd’Oran a délivré l’autorisation sur la base d’une pétition collective signée par de nombreux voisins européens approuvant l’inhumation à l’intérieur de la zaouia de la rue d’Islande .Aujourd’hui, deux voies portent son nom ; l’ancienne place de la perle et l’ancienne rue de Noiseux.

 

 

 

De la confrérie des derkaous en paix depuis 1927, à l’intérieur a salle de prière sa zaouia située au quartier des Jardins Wels Ford ; le muphti d’Oran, Si Hassan Boulahbal ,décède en 1947,avait laissé comme dernières volontés  d’être inhumé à sanctosà l’intérieur de la goubba de Sidi El Houari ;la goubba de la confrérie des Taibia contient les tombeaux de tous les membres de la famille Chérif El Ouazzani ,à partir de Sidi El Hasni ,fondateur depuis 1868,de la branche oranaise des Taibia de la Maison d’Ouezzan.

Enclos réservé aux tombes 21 de Mustapha Ben Smail 22 et de son neveu Smail ould Khamlich Ould Cadi .23

        Aux mois de septembre et octobre 1999, une vive polémique fut soulevée dans l’opinion publique à propos d’un hypothétique transfert de la tombe qui se trouvait à l’intérieur de la mosquée dite Ahmed Benacef du nom du fondateur ce bien habous, a Mdina-Jdida.24 Les acquéreurs de ce bien habous détourné, ont construit un hôtel a la place de la mosquée qui fut totalement rasée.

Chez les chrétiens,aujourd’hui, seul Monseigneur Pierre Claverie ,25 assassiné le  1er aout 1996, est inhumé a l’intérieur de l’église 26 du

 

 

21Les deux tombes qui étaient inclues dans le cimetière de Sidi el Bachir furent, lors de sa désaffectation, épargnées par les autorités françaiseset, on leur a construit un enclos qui donnait sur la rue Détrie .Cet édicule, avec l’agrandissement en 1986 du pavillon de chirurgie dentaire de l’Hôpitalcivil, fut démolie et les tombes transférées vers un lieu inconnu.

22 Mustapha Ben Smail (1768-1843), « agha chef du makhzen d’Oran, maréchal de camp », fut tué (23 mai 1843) près de Zemmoura, chez les Flitta,de son retour du combat de Taguine ou eut la prise de la Smala (16 mai 1843).Son corps fut ramené àOran sans la tête et sans une main .

23 Lieutenant des spahis, décédé en 1864, la famille a voulu qu’il soit enterré aux côtés de son oncle, Mustapha BenSmail avec qui, il avait guerroyé dans le passé contre l’émir Abdelkader.

24 Ahmed Benacef (1862-1929), instituteur au titre indigène, conseillermunicipal, membre actif du mouvement associatif oranais naissant ; a fait partie du lobby coloniste algérien dans le cadre de l’occupation du Maroc, comme agent des services de renseignements.

25 Pierre Claverie, prêtredominicain, né le 8 mai 1938 à Bab-el Oued (Alger), évêque d’Oran depuis 1981 jusqu’à son assassinat le 1er aout  1996 àOran, Après la cérémonie d’hommages célébrée le 5 aout, il fut inhumé dans l’intimité le 7 aout, à l’intérieur de son église.

26  A Oran, la tradition chrétienne d’inhumer les personnages en vue a l’intérieur des églises, remonteà l’époque espagnole .Nous savons que, le capitaine-général d’Oran le comte d’Alcaudete, qui périt le 26 aout 1558 dans la célèbre bataille de Mazagran, près de Mostaganem ;fut ramené àOran par son fils Don Martin de Cordova et

Quartier El Maqqari (Saint –Eugene) dédiée à Sainte –Marie ; faisant fonction de cathédrale depuis 1983.

 

II. Cimetière chrétiens

                              Oran face aux épidémies des premières années de

L’occupation coloniale

A peine une année après l’occupation militaire par les troupes françaises en 1831,la ville eut à essuyer en 1832 la première des épidémies de la période coloniale .Cette année ,le choléra qui partit de l’Inde en 1818,après avoir traversé l’Asie ,atteignit l’Europe, et éclata à Paris le 6 mars 1832.En décembre 1832 ,le baron Pichon ,intendant civil de la Régence d’Alger ,ordonne au sous –intendant civil à Oran ,de prendre les mesures nécessaires contre l’invasion du choléra qui pourrait se propager à partir de l’Espagne avec laquelle Oran était en constante relation maritime .Effectivement ,ce qu’on  craignait arriva et ,plus vite qu’on ne s’y attendait ;en janvier 1833, le choléra envahissait la péninsule ibérique .

    Néanmoins, malgré les mesures de protections qui avaient été préconisées, le choléra fit son apparition dans les derniers jours de septembre 1834, à Mers el Kébir, et ne tarda pas à atteindre Oran dans les premiers jours d’octobre. Dans cette ville, ou en plus du climat d’insécurité qui y régnait du fait de son blocus permanent par l’émir Abdelkader, la désorganisation urbaine et l’absence d’entretien des équipements collectifs, concernant notamment l’évacuation des eaux usées et l’alimentation en eau potable, faisait que tout était motif  à

 

 

Inhumé dans l’église de saint Dominique .Générale C.X. de SANDOVAL « Les inscriptions d’Oran et de Mers –el Kébir … », Revue Africaine, 1871, p.354.

Néanmoins, il est curieux de noter que Paul Ruff, à propos de la sépulture du comte d’Alcaudéte, déclare : «On ne sait où il fut enterré ».Pourtant Paul Ruff cite l’article du Générale C.Xde SANDOVALparmi les sources qu’il a utilisées pour écrire son ouvrage, la domination espagnole àOran sous le gouvernement du comte d’Alcaudete 1534-1558, Paris, Leroux ,1900.

D’autre part, le générale Sandoval rapporte que ,d’après Henri –Léon Fey,on découvrit en 1851 au Château –Neuf , « dans le pavage trois dalles avec des inscriptions, que l’on reconnut clairement y avoir été transportées d’un autre point .La plus ancienne de ces deux dalles ,qui sont des pierres tumulaires provenant sans doute de quelque église, contient ce qui suit :’’Cette sépulture est celle de Iv.(Juan)Lopez de olivaroII.Hijo de D.Francisco, année 1581’’. »Générale C.X. de SANDOVAL, « Les inscriptions d’Oran et de Mers-el Kébir .Notice historique sur ces deux places depuis la conquête jusqu’à leur abandon en 1792 (Traduit en français par le Dr MONNEREAU) », Revue Africaine, vol.XV1871, p.437.

 

 

Favoriser la propagation de la maladie. Cette épidémie de choléra qui dura de septembre à décembre 1834, fit de très nombreuses victimes aussi bien dans la population civile que militaire ; la population juive, du fait de la très grande insalubrité du ghetto, fut la plus éprouvée. Au total, selon le Dr Sandras, la population perdit en deux mois un dixième de sa population .27 En 1835 et 1837, le choléra refit son apparition avec la même vigueur .Mais les mesures énergiques de précautions  prises par la commission sanitaire àOran, avaient réussiàpréserver la ville de toute atteinte grave .28 C’est durant cette période de 1831-1849, que la ville connut la création ses premiers cimetières de catastrophe.

Les cimetières de catastrophe

  (Cholera 1831-1849)

-Carré des Officiers du Bastion Le Fol (Château –Neuf) :1831

Le colonel Louis –Etienne Lefol fut le premier commandant du Château –Neuf (février 1831), ildécède le 12 septembre 1831victime d’une ‘’cérébro –dysenterie’’. « plutôt que de confier le corps du colonel Lefol à un banal cimetière, le colonel P.Gendry rapporte que ,le générale de Faudoas voulut qu’il fut inhumé dans ce Château –Neuf dont il avait été le premier commandant Français ,et ses soldats pieusement l’enterrèrent  à la pointe du bastion nord-est ,le plus proche de la partie ou l’attendaient vainement les siens ,et vers laquelle ils allaient eux –même repartir.

Ayant rendu à leur chef les derniers honneurs, ils laissèrent a leurs successeurs d’appeler désormais ce lieu sacré le bastion Lefol. »29

     En 1834, le générale Fitz-James,commandant de la place fut l’une des très nombreuses victimes de l’épidémie de choléra qui frappa durement la ville en 1834.Il fut enterré dans bastion Lefol qui devient très vite le carré d’inhumation des officiers, « humble enclos, orné aux angles de canons fichés en terre, limité par une margelle et un grillage ; trois dalles, un monument sous lequel reposent quatre soldats français. » ; à savoir :

 

 

27DrSANDRAS Gustave, Histoires des hôpitaux d’Oran, p. Perrier, 1910, p.59

28 BENKADA Saddek , « Le ‘’Désastre démographique’ ’de 1865-1869 en Algérie et ses conséquences sur la démographie urbaine :le cas de la ville d’Oran »,Journée d’étude organisée le 10 décembre 2013 par L’Université d’Alger 2 ,en hommage au Professeur Djilali SARI.

29 Colonel Pierre GENDRY, « Le Château –Neuf et le destin militaire d’Oran »,Revue Historique de L’Armée ,n°2,1953,pp.38-72,p.50.

30Ibid. p.45

 

 

       Colonel Lefol 1789-1831

       Maréchal de camps de Fitz-James 1788-1834

       Colonel de Maussion 1795-1840

Colonel Mouret 1796-1846

Les corps des quatre officiers français ont été, au lendemain de l’indépendance, translatés par les autorités militaires françaisesencore présentes à Oran, au cimetière militaire français du petit -Lac.

-Cimetière du Caroubier ‘’La Torre de Algarrobo ‘’ (la Tour du

 Caroubier) : Ancien cimetière espagnol du Campo santo ,1831.

A leur arrivée en 1831, les français ne trouvèrent dans la ville comme cimetière chrétien que celui qui datait de la deuxième période espagnole (1708-1792).Pressés de procéder à l’inhumation des premiers soldats décédés, ils utilisèrent le cimetière espagnol de la Torre deAlgarrobo ‘’ (la Tour du Caroubier).

C’est celui dont semble sans doute parlait Don Harnaldo Hontabat, lorsqu’il évoque dans son mémoire (1772)la présence d’une tour située à l’intérieur du Campo Santo ,le cimetière espagnol.31 Ce dernier lui-même était situé à l’extérieur des murailles de la ville ,dans l’actuel ravin Raz-el –Ain .Ceci ,  semble contredire parfaitement l’idée avancée par Mikel de Epalza selon laquelle , « Il ne semble pas qu’à Oran il y ait eu un cimetière en dehors de la ville ,comme on commençait a le faire en Espagne au dernier tiers du XVIII siècle pour des raisons de salubrité. »32 ; et que, les seuls cimetières en usage à cette époque étaient ceux qui étaient attenants aux hôpitaux, comme celui de l’hôpital de San Benardino et, aux églises, ou, « Le commun des chrétien était inhumé dans un grand vaso ou fosse commune. »Pour les personnages importants surtout les ecclésiastiques, « ils se faisaient enterrer dans le temple même, ou, il y avait des tombes avec des épitaphes dans les chapelles ou dans la crypte du maitre –autel. » 33

-Cimetière dit des ‘’Cholériques’’1834

 

 

31 HONTABAT don Harnaldo, Relaciongénéral de laconsistencia de las Plazas de Oran y Mazarquivir,por el Coronel commandante de Ingenieros Don HarnaldoHontabat (El 31 dedéciembre 1772).La copie de ce Mémoire se trouvait aux Archives du Génie militaires françaisàOran .Il fut traduit en français par les capitaines Cassaigne et de Loqueyssie ,en 1851.Publié et préfacé par PELLECAT G. ,Oran ,Bulletin de la Société de Géographie etd’Archéologie d’Oran ,1924,tiré à part 88p.,

P.31.

31Mikel de EPALZA et Juan –Bautista VILAR, Planos y mapashispanicos de ArgeliasiglosXVI-XVIII. Plans et cartes hispaniques de l’Algerie (XVIé-XVIIIé siècle), (édition bilingue), Madrid, Instituto Hispano-Arabe de cultura, 1988, p.154

33 Ibid.p.154

La terrible épidémie de choléra de 1833-1834 avait rendu le cimetière du Caroubier trop exigu ;il fut donc décidé de crée un nouveau cimetièreà qui on avait donné le nom de ‘Cimetière dit des Cholériques ’et,dont le terrain était situé ,nous dit ,Gaston Pellecat , « au pied des carrières d’Eckmuhl ,non loin de la source de Raz-el-Ain a un kilomètres en viron de la Porte de Tlemcen ».Le fort de San –Fernando ,aujourd’huidisparu, le dominait et le protégeait. Près de cinq cent militaires et autant de civils y furent inhumés. »34

En 1849,une seconde épidémie de choléra aussi effrayante que celle de 1834 fit plus 2000victimes .Gaston Pellecat ,toujours intéressant à s’en référer lorsqu’il s’agit de l’histoire des cimetières de la ville ,indique que, « Le Cimetière des Cholériques ,devenu insuffisant fut agrandi par la prise de possession d’urgence d’une parcelle de terre de 1.768 mètres carrés ,contiguë au cimetière appartenant a un sieur Salas. »

        Avec la création en 1856, ducimetièreibadite, les deux nécropoles se trouvent jusqu’à présent presque mitoyennes. Apres sa désaffectation, lecimetière des cholériques était resté longtemps à l’abandon avant que la commune n’en fit de lui une très belle Pépinière qui existe jusqu’à aujourd’hui sous le nom de Pépinière communale de Raz-el Ain.

II.2- Les cimetières communaux

-Ancien cimetière espagnol dit des Concessions : 1838-1852

Gaston Pellecat expliquait le nom de concessions à cet ancien cimetière datant de la période espagnole… ‘Le sous-intendant civil Sol, pararrêté du 28 Mars 1838, organisa le service des inhumations àOran, et établissait les conditions financières et administratives pour permettre aux familles d’obtenir des ‘‘concession ‘temporaires et perpétuelles pour l’ensevelissement de leurs morts. Le terrain choisi pour l’attribution de ces ‘concessions ‘fut l’ancien ‘campo Santo ‘des Espagnols qui fut agrandi, dans la mesure du possible, ducôté de la montagne, par la construction d’un mur en moellon qui prolongeait les murs déjà existants .La vieille tour du ‘champ du désir ‘fut réparée et servit de logement au gardien du cimetière ‘’…35

 

34 Archives Gaston PELLECAT « Dossier cimetière »(1926), société de Géographie et d’Archéologie d’Oran.

35 Eugène Cruck a introduit une erreur de taille en confondant, lecimetière des Cholérique de 1834 et le cimetière des ‘‘Concessions’’, l’ancien ‘’Campo Santo ‘’des Espagnols, ouvert aux inhumations en 1838.Eugéne CRUCK, Oran et les témoins de son passé. Récit historiques et anecdotiques, Oran, Heintz, 1956, p.184

 

 

 

 

Ouvert n 1838, il fut fermé en 1852, lors de l’ouverture officielle du cimetière de Tamashouet.

Cimetière Tamashouet : depuis 1852

C’est le quatrièmecimetièrechrétiencréeàOran durant la colonisation,

après ceux du Caroubier (1831) des Cholériques (1834) et des concessions (1836),ce dernier est l’agrandissement de l’ancien cimetière espagnol qui datait avant la colonisation française ,le cimetièrechrétien fut créé en 1852 et agrandi en 1920 –Il prit le nom de Tamashouet,déformation du toponyme arabe Tamessaoudt ,lieu –dit ou fut implanté le Blockhaus ,puis le cimetière chrétien .Cf.Archives du commandant Gaston Pellecat ,conservées à la Société de Géographie et d’Archéologie d’Oran ,Dossier «  Cimetières chrétiens »(1926).

Cimetière Tamashouet et le regroupement des tombes

Le ministère des Affaires étrangèresfrançais faisait savoir que les travaux liés au regroupement partiel sur place de sépultures dans le cimetière de Tamashouet à Oran ont été achevés le 14 mars 2009.Cette opération était visée dans l’arrêté du 9 octobre 2007 relatif au regroupement de sépultures civiles français dans l’ouest de l’Algérie, publier au journal officiel e la République française le 1er novembre 2007.

    Le dimanche 10 mai 2009 à 16 h00, en présence notamment de l’évêque, duWali et du Président de l’APC d’Oran a eu lieu la cérémonie solennelle de ré-inhumation des défunts dans les sept ossuaires renfermant les restes de 7700 tombes, construits sous forme de bunkers blancs, au centre du cimetière.36

     Les terrains de la partie désaffectée font déjà l’objet de convoitises immobilières ; pour faire obstacle à un éventuel détournement de vocation, nous avons projeté, durant notre mandat de président de l’APC ; de la préserver comme lieu de mémoire funéraire et de recueillement en l’aménageant en un cimetière –jardin de 10 hectares.

II.-3 Les sites de mémoire

3.1 – Cimetière du petit –Lac dit «  Cimetière américain (1952)

En 1943les armées alliées décident de regrouper les corps des soldats tués lors du débarquement du 8 novembre 1942.Un terrain communale de 81.800 m2,près de la Dhaya Morsli (Petit lac salé)a l’est de la ville ,est

 

         36 MOLLARET Guillaume, « Les pieds-noirs veulent sauver leurs cimetières d’Algérie  », Le Figaro, 12 mai 2010.

 

 

mis à leur disposition ; depuis lors, il porte le nom de « Cimetière américain » ou, environ 10.000 dépouilles de soldats anglais et canadiens y sont ensevelies. Au début des années 1960, les corps des soldats américains ont exhumés et regroupés au cimetière américain de Carthage, le North Africa-American Cemetery and Memorial.37

Le 9 mars 1966, le ministère français des anciens combattants, retint le cimetière du Petit Lac à Oran comme lieu unique de regroupement des tombes, sous le nom de Cimetière militaire français d’Oran.

3.2 –«  Cimetière des marins  » de Mers- el –Kébir

L’ossuaire du cimetière marin de Mers el Kébir contient les corps des marins du cuirassé Bretagne qui avait été coulé lors de l’attaque de l’escadre le 3 juillet 1940 par les forces navales britanniques.

Le caveau de l’amiral Darlan contient le cercueil qui a été transféré le 19 avril 1964 par l’escorteur d’escadre Maillé-Brézé, il placé au milieu des 263 tombes de marins qu’il avait commandés .La dalle funéraire porte l’inscription : «  FrançoisDarlan, amiral de la flotte, mort pour la France .Nérac 1881 –Alger 1942. »38

III. Cimetière israélite : La mémoire d’une communauté disparue39

Premier cimetièreisraélite : 1509-1708

On trouve sur le plan d’Oran que leva le capitaine Levret en 1831, l’indication d’un cimetière qui aurait appartenu à la communauté juive depuis l’occupation de la ville par les Espagnols .40 Le plan en question

 

 

37 Information donnée par Gerald J.Loftus, consul générale des Etats –Unis àOran (1992).Rappelons que parmi les victimes militaires américaines, se trouvent les 74 marins de la corvette Wolney attaquée le 8 novembre 1942, dans le port d’Oran par les éléments vichystes de la défense mobile.

38 PAVIN Alain, « La base de Mers –el Kébir et la victoire e 1945 »Correspondance), Le Monde ,5 mars 1980.

 

39 Je reprends ici l’expression d’OmarLAKHDAR,à propos du cimetière juif d’Essaouira (Mogador), « Le Cimetière juif d’Essaouira, la mémoire d’une communauté disparue »,2014.

40 La présence d’un cimetière juif durant la première occupation espagnole de la ville est attestée par une lettre du 3é comte d’Alcaudete, gouverneur militaire d’Oran ,datée du 13 février 1600, dans laquelle il dit : « J’ai pu voir qu’il est dit dans cet écrit, qu’il y a une grotte par la bande de la vieille-Casbah, dans les sépultures des Juif(sepultoras de los Judios)et que par cette grotte ,les Turcs pourraient avec facilité arriver à faire sauter les munitions, car ils ne pourraient être vus d’aucune forteresse. »Général DIDIER L., Histoired’Oran (1576-1600), vol. VII, Oran, LibrairiePetit, 1932, p.316.

 

Indique qu’il était situé dans la zone extra-muros comprise entre la porte des Carrières (Bab el Djiara) et le bastion espagnol de Santa-Barbara(place Valéro ).Autrement dit, comme le confirme Derrien, « à l’endroit où s’élève actuellement la grande synagogue .41 L’historien local ,le générale Didier qui ,pour ôter de son esprit tout soupçon de doute quant à cet hypothétique emplacement ,il entre ,le 18 mars 1925 en correspondance avec M.Weil ,rabbin d’Oran .En substance, ce dernier soutint mordicus que jamais cimetière juif ne fut élevé à cet endroit d’autant plus argue-il : « En faisant les fondations de la synagogue actuelle, on a trouvé de vieux ossements humains ,d’Arabes ,mais pas de Juifs, car les Juifs qui ont le culte de leur morts n’avaient aucune connaissance d’un cimetière des leurs à cet endroit et n’auraient pas bâti là leur synagogue s’ils avaient eu le moindre doute que ce soient des tombes juives ils n’auraient pas bâti sur leurs morts . »42

Cimetière israélite : depuis 1801

D’une superficie de trois hectares e

 

 
 

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